10 questions sur le couple.
Et des réponses pas toujours politiquement correctes ! La vie du couple est tellement pleine
de hauts et de bas, de passion et d’attentes, de réalisation personnelle et de frein, de
complexité paradoxale, que quelques premières questions peuvent chercher réponse.
Thérapie Brève du Couple
Cours donnés par Jean-Marc HENRIOT. Transcriptions écrites
Question 01
Une des questions était, pour le bateau en équilibre : j'avais compris qu'il s'agissait uniquement d'aspects contraires, or tu parles d'aspects complémentaires.
En fait, contraire et complémentaire, c'est la même chose d'une certaine manière. Donc le bateau en équilibre, on peut le trouver dans de très nombreux aspects et pas seulement dans les domaines conflictuels. Souvent, l'un ou l'une est un peu le ministre des relations extérieures, et l'autre est plutôt replié sur l'intérieur et ne voulant pas tout ça, s'occupant surtout de l'intérieur.
L'une va être plus spécialiste en cuisine et l'autre plus spécialiste en bricolage. L'un va être plus orienté sur les changements et l'autre plus sur le frein. L'un va être plus créatif et l'autre va être plus ordonné classique, etc.
Donc ce n’est pas mauvais, ce n’est pas mauvais du tout en fait. C'est même souvent comme ça qu'on est bien ensemble. Le seul inconvénient, c'est quand ils se plaignent que c'est excessif et que cela peut devenir dangereux, enfin pas dangereux, ennuyeux, quand la complémentarité est excessive et aboutit à la perte complète d'une capacité de l'un ou de l'autre.
Question 02
Autre question. Je m'embrouille un peu quand tu dis que madame, qui est tellement parentale avec monsieur, est dans son état enfant quand monsieur montre le poing.
Hé bien, en fait, derrière cette personne parentale qui est vraiment excessive dans son désir de tout commander, etc., il y a un enfant, peut-être craintif, qui veut à tout prix tout contrôler pour être sûr à peu près que les choses marchent comme il faut ; et tout contrôler ça suppose de contrôler l'autre.
Mais quand l'autre refuse et commence à se manifester d'une façon forte, la personne en question, dans l'expérience du couple que tu as suivi, commence à se comporter comme une enfant parce qu'elle est proche de la peur qui envahit son enfant craintif. En fait, il ne faut pas se laisser trop prendre par l'aspect Parental Critique d'un des deux, ou même Parental nourricier, etc. C'est en réalité quelque chose de l'enfant à l'intérieur de nous, à l'intérieur de la personne, qui a besoin de prendre cette position pour se rassurer quelque part. Et pour empêcher à tout pris une « déception » par rapport à ce que la personne croit qu’il « faudrait » absolument que l’autre soit de telle ou telle façon.
Question 03
Autre question, quelle différence fais-tu entre l'adultère purement sexuel et l'adultère affectif ?
En fait, le problème de l'adultère tient à deux choses.
Il tient à la confiance brisée. Ça, c'est le point fondamental. Mais aussi cela induit inconsciemment l'imaginaire d'une défaite œdipienne oubliée. « Elle est mieux que moi ou il est mieux que moi ».
Du coup, un peu comme si l'enfant était à nouveau stimulé dans « je suis plus faible que l'autre et c'est l'autre qui gagne ». De ce fait, une dénarcissisation en découle. Donc entre : *la perte de confiance et * l'imaginaire d'une défaite œdipienne, ces deux points donnent du poids à la situation.
Au fond le problème, n'est pas tant « est-ce que c'est un adultère sexuel ou affectif ? », mais « quel est son retentissement ? » Il peut y avoir, par exemple, dans les cas de couples échangistes, quand ils sont bien d'accord, il peut y avoir des relations avec d'autres, de l'un et de l'autre, sans que ça pose des problèmes, parce qu'ils sont très en confiance étant donné qu'ils parlent beaucoup l'un avec l'autre et qu'ils se confient ce qu'ils ont vécu ailleurs, etc. Donc d'une certaine manière, la confiance n'est pas entamée et par conséquent il n'y a pas une dénarcissisation qui dirait « finalement l'autre est mieux que moi ». Ceci dit, bon… ce système ne tient pas forcément très très longtemps.
Ça peut tenir assez longtemps, mais j'ai eu des couples échangistes qui consultaient et, en général, c'est quand l'un des deux finissait par tomber amoureux avec une autre relation. Et là, on retombe sur ta question d'adultère sexuel ou affectif, c'est-à-dire qu'il y a des différences quand même fréquentes entre les hommes, qui souvent n'ont pas forcément une relation sexuelle très impliquante, et les femmes qui souvent, par contre, s'investissent affectivement avec la sexualité satisfaisante. Bon, bien sûr, je vous présente là les cas le plus courants, mais on trouve évidemment des différences.
Donc retenez que finalement le travail portera sur : * restaurer la confiance et * retrouver la narcissisation de la personne qui a été trompée, avec l’aide de tout ce qui est expliqué dans le Manuel sur les rituels, etc.
Question 04
Autre question. Page 36 du manuel, tu indiques que dans le cas de couple où une situation dangereuse doit cesser, il faut « aider le couple ou le partenaire à fixer et à appliquer des conséquences ». Que veux-tu dire par là ?
Donc pour reprendre le cas classique de la femme battue, il est nécessaire qu'un seuil soit fixé au-delà duquel la conjointe quittera la maison. Et il faut que les deux sachent que ça va être comme ça. Cette limite, qui doit être tenue par la femme, aidera le mari ou le violent ou l'addictif à se contenir, et à découvrir progressivement, surtout avec les séances, d'autres façons de s'exprimer que par la violence.
Il y a dans le Manuel, page 49, tout un texte sur « sortir des situations dangereuses ». Et là encore, évidemment, si on sent que ça ne sera pas tout à fait suffisant, il ne faut pas hésiter à inciter la participation à un groupe de parole permettant à la personne de trouver un soutien parallèle pour pouvoir tenir le coup.
Question 05
Autre question. Fusionner avec un isolateur. Je vois à peu près de quoi il est question, mais comment en sortir ?
Fusionner avec un isolateur, vous le savez, c'est classique. L'un est plutôt fusionnel et l'autre est plutôt du genre à garder sa distance. Dans la formation nous avons vu quoi ? Deux choses. 1) C'est qu'en général, les deux sont porteurs de la même blessure, mais 2) que chacun des deux choisit quelqu'un qui a adopté une stratégie différente et complémentaire de la sienne par rapport à cette blessure.
Le fusionneur va adopter par rapport à la douleur abandonnique le désir d'être vraiment proche et collé, et sa subpersonnalité reniée, sa partie intérieure refusée, porte le désir de s'éloigner, de se tenir à distance pour ne pas souffrir. Donc le fusionneur va choisir comme subpersonnalité reniée tellement séduisante, portée par l'autre, la personne qui va être au contraire isolatrice. Ainsi le poids du choix initial est présent dans le fait de se choisir complémentairement fusionneur et isolateur.
Mais il y a aussi, ensuite, l'accentuation possible du fait du bateau en équilibre, puisqu’au fur et à mesure qu'ils vivent ensemble, il y a un risque que chacun des deux accentue son propre style (fusionneur / isolateur).
Comment en sortir est la question que tu poses ? Hé bien, chacun des deux doit accepter des moments où il sera conforme aux besoins de l'autre. Ça veut dire que, par exemple, le fusionneur devra pouvoir dire à l'autre, et le vivre vraiment, que ça soit vraiment accepté provisoirement, « tu peux prendre du temps sans moi ». Et l'isolateur doit pouvoir dire et vivre « je peux me consacrer pleinement à toi à telle occasion ». Ça veut dire que chacun des deux doit pouvoir donner à l'autre suffisamment ce dont il a besoin.
Mais il restera toujours quand même un peu cette tendance de fond, puisqu'ils se sont choisis comme ça. Ceci dit, si chacun des deux donne à l'autre, durant un temps suffisant, ce dont il a besoin, et bien c'est suffisamment bon pour pouvoir continuer.
Question 06
Ensuite, question suivante. Tu écris à propos de l'illusion initiale « exemple le désir sexuel », et finalement, est-ce que le désir sexuel est un problème de fond ?
Alors, le problème n'est pas dans l'intensité de l'expérience, mais c'est l'importance que ce désir sexuel initial et la jouissance partagée aient eu lieu suffisamment pour que les bases du couple aient été fortement établies. D'une certaine manière, le désir initial sexuel, la joie sexuelle de tous les premiers temps, la jouissance partagée, etc., c'est en grande partie ce qui crée la colle initiale, physique, inscrite dans le corps, inscrite dans les expériences émotionnelles de chacun des deux, etc. Bien sûr, il y a d'autres choses, il y a les valeurs communes, il y a plein d'autres choses, mais ça, c'est un des éléments, un élément fondamental, de la colle initiale.
Nous avons vu ensemble comment chacun des deux (dans le cas, le plus fréquemment rencontré, d’un couple hétérosexuel basé sur l’amour) vit là une expérience capitale.
Lui vit ceci : le sexe, l’activité de pénétration, l’amour, le corps à corps partagé, l’orgasme lui donne le sentiment exaltant de véritablement toucher la Vie même (et cela fait penser à l’enfant repu après le sein qui est dans un bonheur extatique)
Elle vit ceci : elle découvre la jouissance interne, vaginale, du ventre profond, du corps entier, alors qu’elle ne connaissait que le clitoris. Cela peut même être multi orgasmique, dans un contexte d’amour intense. C’est ce que Jacqueline Schaeffer, psychanalyste SPP, dénomme l’ouverture, la réceptivité, donnée par ce qu’elle appelle « l’amant de jouissance ».
Cela restera longtemps, pour chacun des deux, une pierre de touche de leur amour… même quand le souvenir en aura été terni par les aléas de la vie du couple.
Question 07
Alors, autre question. Quand tu dis « le négatif en soi, c'est le psychisme infantile qui continue ». Est-ce qu'en observant en quoi ce qui déclenche du négatif en soi peut provenir de l'infantile, cela peut aider à affiner et poursuivre ce travail sur soi ? Et dans le couple en séance, ou pour son propre couple, est-ce que cela peut aussi nous servir de repère ?
Évidemment, bien sûr. D'une certaine manière, ta question comprend la réponse. En fait, la plupart des problèmes, et donc de la négativité dans le couple, viennent des attentes infantiles de l'un ou de l'autre.
Et elles sont toujours présentes. Mais quand elles sont disproportionnées et d'une intensité qui empêche le « suffisamment », eh bien, on commence à rentrer dans du négatif, dans de la souffrance, dans de la haine, dans le désir que l'autre se comporte comme on voudrait, etc. Donc, on ne peut pas échapper à cette question de l'infantile, puisque d'une certaine manière, le couple a été créé justement pour reconnaître cet infantile et lui donner sa juste place et sa juste satisfaction. Par conséquent, pour être heureux en couple, il faut que cet infantile soit reconnu et ait sa juste place. Mais sa juste place, ça veut dire, comme je l’indiquais précédemment, « suffisamment » et non pas d'une façon impérative, excessive et tout le temps. D'une certaine manière, c'est la joie d'être « suffisamment » satisfait par ce que reçoit l'infantile en quête du besoin d'apaiser quelque chose de son manque ou de son traumatisme.
Et en même temps, l'adulte que nous sommes est obligé d'apprendre à faire avec la frustration du fait que ça ne sera pas tout le temps comme ça. Donc, c'est là où vraiment ça rejoint tout ce dont nous avons débattu, et qui est inscrit dans le Manuel sur la gestion des attentes infantiles et leur juste place. Le thème de la « déception » se relie aux attentes secrètes, inconsciemment liées à notre enfance, qui s’attachent à ce que l’Autre « devrait » être (et non à l’amour ou l’attendrissement pour ce qu’il « est »).
Question 08
Question : « Je te cite : Le capital culturel conquis séparément déstabilise le couple. Comment gérer cela ? »
Oui, c'est vraiment quelque chose d’un peu troublant. Quand un des deux se met à faire des études ou à réussir quelque chose qui n'était pas prévu initialement ou finalement à changer de niveau culturel, hé bien il n’est pas rare que le couple ne tienne pas le coup, qu'il éclate. Alors, pourquoi ? Souvent le couple, déjà, s'est constitué suivant une certaine modalité du capital culturel de l'un et de l'autre. Soit identique : « nous sommes tous les deux : deux profs, ou deux je ne sais quoi », soit complémentaire, mais dans le même registre. Exemple, le couple où monsieur est médecin et madame infirmière. Ils partagent tous les deux l'intérêt pour le soin et la santé, mais malgré tout ils ont un capital culturel un peu différent. Exemple, le couple où monsieur est professeur agrégé et où madame est institutrice, etc.
Donc, d'une certaine manière, ils se sont choisis avec une certaine modalité de capital culturel de l'un et de l'autre. Si l'un des deux change cette donne-là, c'est-à-dire si l'un des deux acquiert un capital culturel qu'il n'avait pas auparavant, d'une certaine manière, ça touche aux bases mêmes du couple.
C’est parfois assez troublant pour la personne. Par exemple, mettons le mari médecin ou le mari prof va dire à sa femme « tu pourrais faire des études supplémentaires, ce serait bien si tu pouvais réussir ça, etc. » Et à la grande surprise de la personne, quand elle commence à le faire, eh bien, la relation prend une tournure problématique. Paradoxalement, il faut que la personne ne s'attende pas à ce que l'autre soit manifestement enthousiasmé par ce changement en cours.
On l'a vu chez un certain nombre d'entre vous, quand elles sont devenues thérapeutes, il y a eu du mouvement de l'autre côté. Soit que le mari s'est mis à suivre une formation de son côté, soit qu'il a voulu se manifester d'une façon forte comme étant le chef de la famille, etc. Donc, ne pas s'attendre à ce que l'autre soutienne ce mouvement. Il a pu dire « ah ouais, c'est super que tu fasses ça » et quand vous le faites, il y a une sorte de retour du bâton qu'il faut s'attendre à avoir. Il n’est pas rare qu'il puisse y avoir une relation extra-conjugale à ce moment-là parce que l'équilibre des forces est en mouvement.
Donc, ne pas s'attendre à ce que l'autre soit à l’aise avec ce changement. Même si apparemment il le soutient, parfois il peut même le saboter, en toute inconscience. Pour permettre à l'autre de trouver un secteur de réussite enviable, il faut se préparer à faire un travail de couple lié à ce changement. On est dans des choses bizarres, c'est que finalement, quand l'un des deux fait des progrès vraiment visibles et qui en plus ont un impact social, ça va troubler le couple, comme tout changement important. Mais là encore plus nettement, parce que souvent ils se sont créés sur ces bases-là, du point de vue culturel. Il n’est pas rare qu'à ce moment-là, cela soit vraiment un passage dangereux. Pourquoi ceci ? Du fait du grand classique que nous avons déjà évoqué : l’homéostasie précédente, bâtie ensemble, se trouve déstabilisée… et doit donc se reconstruire sur de nouvelles bases.
Question 09
Alors, autre question. L'origine du sadomasochisme et quel en est le sens ?
C'est une question compliquée. Pourquoi elle est compliquée ? Parce qu'en fait elle recoupe plusieurs niveaux.
Premier niveau. La différence des sexes amène l'un à être plus dans la pénétration active et dans un désir activement montré. Ce qui suppose intérieurement une certaine alliance entre sexe et agressivité (comme chez nous tous et nous toutes, une activité physique intense requiert le soutien par la pulsion agressive, même si celle-ci est totalement inconsciente). Il n'y a pas très longtemps, j'entendais à la radio une femme qui avait écrit un bouquin dans lequel elle se plaignait de s'emmerder au lit avec tous ces hommes trop gentils et trop mous. C'est un peu comme si ce côté un peu agressif lié au sexe masculin, du fait qu'il suppose une pénétration active et un désir activement montré, était en train d'être très critiqué et très mal vu.
Une certaine agressivité inconsciente sous-tend la force nécessaire pour se mettre activement en mouvement. Si cette dimension pulsionnelle est diminuée, il peut y avoir parallèlement alors une diminution de l’autre pulsion, celle du désir sexuel. Donc il y a quelque chose à accepter du mélange des pulsions. Et pour la femme il peut y avoir un désir ambigu du fait de sa conformation physique : je veux être pénétrée.
Quelque part c'est un peu maso, mais en même temps aussi c'est un peu sado parce que je capture le sexe de l'autre, qui m'appartient désormais, c'est comme si je le châtrais. Donc vous voyez c'est compliqué, premier niveau, la différence des sexes, on a beau faire et beau dire, elle est présente et elle amène quelque chose, du fait de « pénétration » ou « être pénétrée », qui peut être ressenti comme un peu dominant-dominé, pour le jeu, pour le fun, pour le plaisir. Premier niveau.
Deuxième niveau, tout couple suppose des enjeux de pouvoir et ces enjeux de pouvoir peuvent être dans certains cas déplacés dans la relation sexuelle. Par exemple, la femme très dominatrice ou l'homme très dominateur socialement. Vous avez tous entendu parler de ces gros banquiers riches, puissants, qui avaient pour plaisir de se faire dominer sadiquement, d'être masochistement livrés à une femme puissante et dominatrice.
C'est un peu comme s'il y avait un certain besoin de rééquilibrer les choses par cette relation sexuelle et ça peut se trouver aussi dans le couple. Il peut y avoir une certaine nécessité de rééquilibrer les choses, les enjeux de pouvoir, grâce à des jeux sadomasochistes.
Premier niveau, la différence sexuelle. Deuxième niveau, le problème des enjeux de pouvoir.
Troisième niveau, n'oublions pas qu'il y a aussi des fantasmes qui peuvent avoir des bases intrapsychiques infantiles. Par exemple, le fantasme de la scène primitive suivant laquelle le père fait mal à la mère : l’enfant qui aperçoit ses parents faire l’amour décode généralement ce qu’il voit suivant cette lecture.
Eh bien, remettre en scène ce fantasme, d'une certaine manière, c'est libidinaliser quelque chose qui fait peur et ça peut être une tentative de lier ce fantasme inquiétant, de le lier et de le ramener à quelque chose d'érotique et de bon. C'est le troisième niveau. Fantasme qui peut avoir des bases psychiques infantiles.
Et ça rejoint un autre niveau qui n'est pas rare non plus, qui peut lui aussi être lié à des rectifications. Par exemple, souffrir pour se punir et une fois qu'on a suffisamment souffert, être suffisamment libéré de la culpabilité pour pouvoir jouir. Ce qui expliquerait la nécessité de souffrir masochiste.
Ou bien la nécessité de faire souffrir l'autre d'une façon sadique. Ça peut être voir que je donne du plaisir à l'autre dans la relation sexuelle et que du coup ça dédramatise les fantasmes inconscients de viol, de violence. Je ne l'ai pas violé, malgré notre jeu sadique, puisque le plaisir commun était le résultat final.
Donc vous voyez, bien entendu comme pour tout le reste, il ne s'agit pas de critiquer le sadomasochisme s’ils sont bien tous les deux avec ça, évidemment. Simplement l'idée c'est que si c'est là, il y a une bonne raison expliquant que ce soit là. Et ça peut être dû à tous les éléments que je viens de vous expliquer.
Question 10
Alors, dernière question. Voilà un jeune couple qui n'a pas encore consulté, mais dont Monsieur m'a indiqué dans une première rencontre qu'il n'aimait pas sa femme, qu'il l'avait épousée motivé par la religion et par les parents, mais qu'ils n'ont aucun point commun, aucune communication. Donc je l'ai reçu lui, je dois la recevoir elle, mais elle n'a pas encore pris rendez-vous. Sous quel angle est-ce que je vais prendre ce genre de situation ?
On est dans le cas classique où l'un des deux balance la vérité qui est la sienne, et qui est censée être celle expliquant le couple.
Pour le moment, ils n'ont pas consulté en couple. Et du fait que Madame n'a pas pris rendez-vous, on peut se demander s'ils le feront. Mais s'ils le font, alors premièrement, demande-toi à quoi cela a servi au mari de te dire tout ça ? À quoi ça sert ? Est-ce que c’était destiné à te faire penser d’une certaine manière ? Ne te fie qu'à ce que tu ressens dans leurs interactions en séance et pas dans ce que tu as entendu de la part d’un seul. Premier point.
Et deuxième point, si tu sens qu'il y a vraiment risque de rupture, alors adopte ce qui est dans le Manuel à ce propos. Donc les mettre face à l'idée de séparation dans tous les détails, confère la page 94, « Gestion de la rupture », et page 23, les questions qu'il faut aborder avec eux. Parce que plus tu iras vers quelque chose qui est plus ou moins implicite et qui est probablement source de tensions fortes, plus ça sera explicité, plus on aura des chances de résoudre la question, soit dans un sens, soit dans l'autre.
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Voilà donc quelques réponses-réflexions. Elles ne sont pas forcément à prendre comme des vérités absolues, mais comme des sources de réflexions… qui pourront d’ailleurs être complétées ou modulées dans d’autres articles de mon blog.



